L’obsession de l’autarcie va chez moi se nicher n’importe où.
En reprenant différentes notes de conversation que j’ai eu à propos de la plate-forme vivre-en-autarcie.com, je réalise à quel point mes choix techniques ont été guidés par une volonté d’autonomie.
Le contexte
J’ai lancé le site vivre-en-autarcie.com à un moment où je cherchais une carcasse de réseau social en ligne pour tester un projet internet de ressource à destination des dirigeants associatifs (l’asso 1901 est mon coeur de métier).
Le thème de l’autarcie était plutôt un gag à l’origine, en correspondance avec une orientation personnelle –disons- écolo/bricolo/robinson (je faisais bcp de cabanes quand j’étais petit). Mais je n’ai aucune connaissance particulière dans ce milieu écolo et question « bricolage », je passe plutôt pour un maladroit.
Comme j’aime bien farfouiller moi-même plutôt que de recourir à un truc déjà tout fait (Ning par exemple) et que, par ailleurs, je suis utilisateur de Wordpress, je me suis lancé dans l’aventure Buddypress (au moment de la version béta) tête baissée.
Pourquoi j’apprécie Wordpress + Wordpress MU
Premier point fort de ce système : il tourne sur une plate-forme Wordpress MU.
Je tiens mon blog sur Wordpress (après deux années passées chez Blogger d’ailleurs toujours en ligne ici). A moment donné, ce blog est devenu un auxiliaire indispensable de mon activité professionnelle ; j’ai donc voulu sécuriser un peu plus le système en utilisant une plate-forme où je suis seul responsable de mes contenus. C’est à cette occasion que la migration est devenue obligatoire (vers ceci), je ne me suis donc pas posé trop de questions ; après m’être rapidement renseigné sur les forum, j’ai choisi un logiciel libre qui fait référence sur son marché : Wordpress.
Evidemment, j’ai “galéré” une semaine ou deux pour prendre en main l’interface. Mais j’apprécie de pouvoir ouvrir la capot de mes outils et le (petit) investissement s’est avéré très rentable. Mes objectifs en terme de trafic et de développement de services annexes ont été largement remplis, et surtout, en tant que simple blogueur, j’ai découvert un confort d’utilisation au-delà de toute attente. Wordpress est tout simplement une très bonne plate-forme de blogging, même sans parler de tous les développements autour qui donnent des choses vraiment intéressantes.
Peu de temps après, j’ai découvert Wordpress Multi Users, un système permettant d’héberger une plate-forme de blogging toute entière. Je l’ai adopté pour la librairie de mes Editions Associatives, où je publie des livres-blogs consacrés à la gestion associative. Toujours la même souplesse, le même confort d’utilisation et tout cela à la portée d’un béotien comme moi !
Quand j’ai découvert Buddypress, je n’ai pas hésité longtemps. C’est une extension qui transforme la plate-forme WPMU en véritable réseau social, à la “Facebook”, les usagers pouvant ouvrir leur blog, se créer un profil et communiquer avec les autres membres de la plate-forme.
Blogging collectif vs blogging individuel
Au-delà de l’habillage “geek” à la fesse bouc, la principale fonctionnalité du système Buddypress est de rendre communautaire un processus éditorial, de faciliter ainsi l’émergence de discours et de conversations à propos de l’autarcie,
La plate-forme vivre-en-autarcie propose donc des blogs collectifs et thématisés sur lesquels chacun peut publier. Cela nécessite de changer un peu son optique par rapport à une démarche classique de présence sur le web.
Pourquoi privilégier la dimension collective de la publication, en proposant des blogs thématiques, alimentés par une communauté de rédacteurs ?
Je blogue à titre (semi)professionnel depuis près de 5 ans maintenant et je fais le constat suivant : avec un système comme Blogger, on bénéficie facilement d’un outil de publication en ligne, parfaitement fonctionnel. Mais une fois sorti de la satisfaction narcissique de cette présence sur le web, ceux qui se situent dans une optique plus « business » expérimentent que l’intérêt du système n’est pas de produire du billet, mais d’engager des conversations. Cela suppose que le blog soit lu, et là c’est une autre histoire qui commence.
Les plate-formes de blogging proposent peu de ressources pour améliorer l’audience de son blog et son attractivité. Malgré les solutions externalisées comme Feedburner ou FriendConnect, il est difficile d’organiser autour du blog une petite communauté de lecteurs qui va assurer un minimum d’interactivité avec son auteur. Pourtant c’est indispensable à la survie de l’entreprise : si personne ne lit, ni ne réponds jamais à aucun de ses articles, le blogueur finit à moment ou à un autre par s’épuiser et arrêter. Cela arrive dans la majorité des cas, entre 3 et 6 mois après le premier billet.
Un autre phénomène doit être pris en compte pour assurer au blog une certaine audience, c’est le référencement des moteurs de recherche. Il est très difficile avec un outil comme Blogger d’attirer de manière stable le trafic en provenance des moteurs de recherche. Je l’ai expérimenté de manière très précise. De tout manière, quel que soit l’outil, il est difficile pour un blogueur isolé de s’assurer une véritable audience, de manière un peu durable : cela suppose de beaucoup publier, et des choses pertinentes.
Qu’est-ce qu’apporte Buddypress ?
Partant de ce constat, j’ai préféré proposer des blogs collectifs autour de thématiques précises. Les gens viennent se lier à ces blogs comme lecteur ou comme rédacteur, en fonction de leurs affinités et de leurs centres d’intérêt du moment, sans supporter les contraintes d’un éditeur isolé. Ils peuvent faire œuvre utilement ponctuellement avec quelques articles, ici ou là, ou investir plus durablement la plate-forme, voire même créer leur blog personnel.
Sur vivre-en-autarcie.com, les blogs mis en avant sont consacrés à une thématique précise (cuisine, construction, habitat et énergie, jardinage, auto-médication) et pour publier son article sur l’un de ces blogs, il suffit de devenir membre du groupe correspondant. Comme tous les blogs utilisent la même interface (wordpress) de publication, le rédacteur est incité à intervenir sur plusieurs blogs.
Cette solution de web communautaire présente à mon sens plusieurs avantages. Le système de la plate-forme collaborative unique permet d’optimiser la publication de l’information sur le web et par voie de conséquence, de développer l’audience des rédacteurs. Tous les blogs sont agrégés par la plate-forme sur la home page. De cette manière, on se donne les moyens de publier un flux d’informations riche et diversifié autour du thème de l’autarcie, qui est facilement repéré par les moteurs de recherche.
Les différents auteurs d’un blog constituent la première communauté partageant un même centre d’intérêt. Ils disposent également d’un forum pour discuter et échanger et d’un fil d’informations auquel on peut s’abonner. Bref, toutes les ressources d’un véritable réseau social.
Ces ressources doivent favoriser une certaine interactivité pour aider à la construction de relations personnelles entre les membres ; c’est cela que nous visons.