Lilas dans sa cabane, en autarcie
Lilasdesprés est membre du réseau vivre-en-autarcie. Il a construit une cabane dans les bois où il vit la plus grande partie de l’année.

Il tient son blog ici pour raconter son aventure. Il a aussi accepté aimablement de répondre à nos questions :
Comment t’es venue l’idée de construire une cabane ?
L’idée de la construction de la cabane m’est venue le jour où j’ai été licencié de mon travail pour cause de maladie (invalidité). La société me laissait tomber après que je lui ai donné 36 ans de loyaux services. Je décidais donc de me passer de ses services.
Sur quel endroit as-tu fixé ton dévolu ? Quel type de construction as-tu choisi ?
J’ai un terrain boisé d’un peu plus d’un hectare en friche qui me viens de ma mère, je me suis mis à le nettoyer car au début je ne pouvais rentrer sur le terrain tellement il y avait des buissons noirs, d’aubépines, genévriers, ronces, et j’en passe. Cela a duré un an.
Dans mon enfance je faisais beaucoup de cabanes et finalement sans m’en rendre compte, j’ai construit la cabane de mes rêves d’enfant. Un petit chalet avec sa terrasse couverte où le soir une lampe à pétrole se balance au grès d’une brise chaude ou sur mon siège à bascule
J’écoute les bruits de la nuit.
Comment s’est passée la construction ? As-tu eu recours à de l’aide extérieure, des professionnels ? Durée du chantier ? Quelles difficultés ?
La cabane fait 20 m² de surface. Je l’ai construit seul, j’y tenais beaucoup, en quatre mois, de février à fin mai. J’avais tout préparé sur un croquis, que je n’ai pas toujours suivi car, avançant dans les travaux, pleins d’idées vous arrivent et moi je suis souvent mon instinct .
Le plus dur a été le toit ; sous la grêle, mes oreilles s’en souviennent encore.
Toute la construction s’est très bien passée ; ma cabane est isolée du parquet aux plafond et avec ma cheminée, je chauffe sans problème.
Pas de professionnels, ni d’aide extérieure : je l’ai conçue et réalisée de mes deux mains et croyez-moi, quand les gens vous félicitent, on est fier et on en veut un peu moins à la société. Mais je reste vigilant.
As-tu rencontré des problèmes de type réglementaire ou l’opposition des riverains ?
Le terrain n’est pas constructible, on m’a refusé ma déclaration de travaux bien que je sois en très bons termes avec le maire du village.
Donc j’ai fait preuve d’incivisme et j’ai construit sans permis, il faut savoir se mouiller un peu dans la vie , je ne gène personne , je suis au fond d’un bois , la première maison qui est un moulin à eau est à 600 mètres, de plus mon voisin est devenu un ami .
J’ai quand même fait empierrer le chemin d’une centaine de mètres et payé par la commune : “je vote au village” . Maintenant j’ai la prescription triennale et ne puis être condamné au pénal, pour construction illicite.
Aujourd’hui, de quel confort disposes-tu dans ta cabane ? Combien de temps y passes-tu dans l’année ?
Pour mon confort je ne manque de rien : j’ai un puits que j’ai découvert sous les ronces qui me pourvoit en eau toute l’année, même la sécheresse de 2003 ne m’a pas fait manquer d’eau.
Je me suis construit une cuisine avec des éléments les moins cher du marché dans un brico-dépôt. J’ai un évier de grès blanc, une table à gaz “quatre feux”, une table et six chaises de pailles, une commode pour le linge offerte et un lit fait de restes de planche du chalet très confortable ; le matelas est un cadeau que l’on ma fait.
Pour la toilette je me lave à la pierre évier avec un gant et de temps en temps une douche à l’arrosoir avec de l’eau chaude.
Comment se passe une journée quand tu es à ta cabane ?
Je suis à la cabane six a sept mois par an, hiver comme été. J’ai un chauffage au gaz en plus de la cheminée pour les grand froids.
Pour la nourriture elle vient des fermes aux alentours, pour l’essentiel viande, œufs, légumes, vin. J’achète l’eau pour boire car je n’ai pas encore fait analyser l’eau du puits, grosse erreur de ma part : ” l’eau coûte très cher “, je vais m’en occuper ….
Quand je suis à la cabane, je me lève quand le soleil se lève sans y penser, je vis au rythme de la nature de toute façon le coq du voisin chante vers quatre heures et demi l’été et six heures et demi , l’hiver.
Je prend le temps de déjeuner avec soupe de légumes, jambon et œufs de la ferme , toilette et balade avec mon bâton dans les chemins et les champs.
La journée, je range, construit des mur de pierres sèches, coupe du bois pour la cheminée, fais des fagots de petit bois, coupe de l’herbe, entretiens le bois où de vieux arbres se décomposent tranquillement sur les tapis de mousse.
Nettoyer le trou d’eau où les biches et sangliers viennent boire la nuit .
Et bien sur le plus important à mes yeux, assis sur mon vieux fauteuil à bascule… la contemplation et l’écoute de tout ce qui m’entoure… Là je me sens vraiment vivre.
Pour vivre heureux vivons cachés !
Quel est le principal conseil que tu donnerais à quelqu’un qui veut construire une cabane pour y vivre ?
Je ne peux donner de conseils pour construire sa cabane. La construction d’un cabanon c’est très personnel ce fût pour moi un prolongement de ma vie d’enfant, une joie de faire que je pensais avoir oubliée (revenir à l’essentiel, aux choses simples qui nous entourent, et des amis pour partager…..).
rendez-lui visite dans sa cabane sur son blog.
Comme Lilas des prés, venez témoigner sur vivre-en-autarcie de votre vie en cabane.
bonjour, As-tu des revenus ?
tautavel fait son modérateur : “question indiscrète, denis”
Bonjour Lilas,
Dans le cadre d’un documentaire de 30 minutes pour l’émission “c’est ma vie” sur M6, je me permets de vous contacter.
Je recherche une famille vivant dans un environnement différent qui aimerait partager son expérience.
Si vous connaissez des familles susceptibles d’être intéressées où si vous même souhaiter communiquer sur votre histoire, n’hésitez pas à me contacter au: 01.53.17.99.31 où par mail à: cestmavie@hotmail.fr
Merci pour votre aide!
Anne-Charlotte Oldrà
Journaliste M6