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Chantier participatif d’autoconstruction à la bergerie d’Orgevat

juin 2, 2010

La famille BIELAWSKI habite à 10 minutes à pied du site d’Orgevat, membres de l’association et du bureau, jardiniers sur le site, quand nous avons quelques heures à lui consacrer.

Depuis 3 ans, nous nous sommes lancés dans l’agrandissement de notre mazot savoyard. Nous avons fait le choix de l’autoconstruction écologique, en montant une ossature en bois, des murs en bottes de paille et des enduis en terre crue.
Nous n’avons fait appel à aucun artisan depuis le début, et fonctionnons sous forme de chantier participatif.

Nous vous informons que cette année, nous organisons ce chantier du 28 Juin au 10 Juillet. C’est un temps et un espace de rencontre et de partage de connaissances, dans la joie et la bonne humeur.
Nous vous faisons part de notre expérience et de nos connaissances, en échange d’un coup de main pour la réalisation des enduis terre extérieurs et intérieur, nous fabriquerons également des adobes (briques de terre crue).
C’est la troisième année que nous fonctionnons comme cela, la première année, c’était taille , montage de l’ossature et de la charpente, isolation du toit en botte de paille et pose des tuile en terre cuite.
La deuxième année, c’était mise en œuvre des bottes de paille et commencement des enduits extérieurs.
Nous avons réalisés les plans selon les principes bio-climatiques, intégrant un puits canadien, pour l’eau chaude nous réaliserons un chauffe eau solaire de récup (qui fera l’objet d’un prochain stage), nous utiliserons des toilettes sèches, et fabriquerons un poêle de masse.
Nous demandons aux participants une présence de 15 jours, le gîte et le couvert vous serons offert.
Si vous voulez plus de renseignements ou vous inscrire, merci de nous contacter au
0033 4 50 95 58 80

bielalina[arobase]yahoo.fr
Merci de votre attention
Et à bientôt

Transmissions et échanges de savoir-faire

juin 21, 2009

Bonjour,

Mon projet est fondé sur la semi-autarcie. Nous n’avons pas de capitaux donc nous visons la location l’idéal serait dans un village abandonné, d’autres participants sont bien sur espérés et bienvenus..

Du point de vue de mes connaissance culinaires, je suis cuisinier hôtelier depuis 1971 et j’ai terminé formateur en cuisine. Je maîtrise aussi les différents pains et méthodes de panification, la pâtisserie et viennoiserie, la charcuterie maison et bien sûr différentes méthodes de conservation traditionnelle. On peut aussi ajouter quelques notions de confiserie et de chocolat.

Voila pour une ‘tite première présentation. Pour le projet l’idéal serait en altitude, pas loin de la mer, avec de la terre cultivable et si possible une ferme laitière (vaches) à proximité.

J’ai des plans valables de four à pain, de fumoir etc

Et je suis passionné par les technique de construction en paille

Au plaisir de vous lire

Amicalement

Alain

Sandrine en route vers l’autarcie

juin 20, 2009

Sandrine a rejoint le réseau Vivre-en-autarcie.com ;  elle est installée sur 3 hectares, dispose d’un potager, d’un poulailler et continue à échafauder pleins de projets.

Aujourd’hui, elle nous raconte les prémisses de son exode urbain.

“Et puis un jour, nous en avons eu assez ! Assez du bruit incessant de la ville, de sa pollution, de sa déshumanisation. En plus, au fond de nous, une petite sonnette d’alarme incessante : ”attention, attention, ce monde s’écroule !”.

Et puis un beau jour de décembre, nous avons filé en Haute-Loire. Et là, nous avons rencontrer notre maison.

Visite, accueil d’un chat sauvage qui est devenu câlin dans nos bras, lui qui vivait depuis deux ans tout seul ici, pleine lune ! Il n’en fallait pas plus comme indice à mon esprit de sorcière !

Nous avons signé le compromis et nous voilà maintenant depuis deux ans propriétaires de notre maison et de nos trois hectares de tranquillité et d’espoir…”

Je part dans les bois

mai 1, 2009

Bonjour à tous

Voilà je part vers ma cabane dans les bois , vu la folie médiatique de ses derniers  jours. Trop de tapage autour du virus de la grippe porcine ‘  des grèves , des pauvres gens que l’on mets à la rue sans logement ni travail des jeunes sans trop d’avenir , sa va mal…. et sa continue. Je suis saturé de mauvaise nouvelles . Je vais allumer la cheminée , me préparer un soupe aux choux et me vider la tête en regardant les flammes danser sur les murs de la cabane.

lilas.

L’autarcie du côté militant : la résistance autarcique

avril 26, 2009

J’ai lu pour la première fois le terme de “résistance autarcique” dans Prenez votre santé en main de Michel Dogna (Trédaniel, 1979 puis 2001).

code_barre Dogna admettait déjà des famines et des pénuries dues au “chambardement écologique” (p. 558) et à la mainmise des lobbies techno-industriels sur notre alimentation. Partant du principe qu’aucun système ne peut survivre si ses produits ne sont plus achetés, il envisageait le consumérisme militant comme moyen de faire reculer la massification la production alimentaire.

La démarche autarcique revêt évidemment une dimension militante. A l’instar de la simplicité volontaire, elle manifeste sa défiance à l’égard du marché et des acteurs de la grande distribution. En réapprenant à se nourrir et à se soigner par lui-même, l’homme se réapproprie son destin physiologique et s’affranchit de la  stratégie des grandes firmes.

La résistance autarcique peut alors être définie comme une attitude volontaire de ceux qui refusent d’être tributaires de la société de consommation et de la logique des marchés de masse.

En s’organisant pour assurer seuls la satisfaction de leurs besoins fondamentaux, les individus assument un choix de vie contraignant mais qui les libère radicalement de toutes les dépendances et servitudes modernes.

La résistance autarcique plogne ses racines dans une longue tradition de consommation militante. Depuis le “achetez français” du parti communiste des années 80 jusqu’au boycottage des grandes marques agro-alimentaires, l’action collective a pénétré la sphère économique privée.

Le phénomène de la consommation active ou citoyenne a bien été analysé par Robert Rochefort, directeur du CREDOC, dans son ouvrage Bon consommateur, mauvais Citoyen (Odile Jacob, 2007).

Préparations biodynamiques à la ferme d’Orgevat

avril 21, 2009

Rudolf Steiner a donné les principes de l’agriculture biodynamique en adaptant sa vision cosmique aux travaux agricoles.

Destinées à être pulvérisée ou incorporées à la terre de culture, les préparations biodynamiques visent à sensibiliser le terrain aux forces cosmiques. Les travaux de préparation et d’application des préparations sont effectués selon un calendrier bien précis, rythmé par les saisons et les saints. Certains ingrédients requis (cornes et bouse de vache, vessie de cerf) relèvent d’un certain ritualisme magico-religieux ; d’autres, en relation avec le monde végétal (l’achillée millefeuille de la préparation 502), n’en sont pas moins surprenants.

Pourtant de nombreux producteurs en biodynamie ne jurent que par leurs préparations et s’attachent à les produire sur place.

Avec Pâques, la -décidément très active- ferme d’Orgevat propose  de se retrouver et …

Reprendre à la terre les substances que nous lui avions confié à la Saint Michel. Elles ont fait le plein d’énergie, se sont chargées.
Nous les rangerons dans notre armoire à préparation bien confinée. Elles ne seront ensuite libérées que sur ordonnance afin qu’elles corrigent le climat, préparent le sol, guident la végétation, soignent l’environnement.

Pâques c’est aussi s’occuper des sommités fleuries d’achillée millefeuille que nous avions cueilli et séché l’été passé. Nous allons les introduire dans une vessie de cerf que nous élèverons dans les hauteurs jusqu’à la Saint Michel.

La journée se terminera par le remplissage de cornes de vache avec du lait de quartz que cette fois nous abaisserons dans les profondeurs jusqu’à la saint Michel.

Toutes les personnes motivées sont les bienvenues et cela se passe à Orgevat dimanche 26 avril, 10h

Ekopedia, le wiki de l’autarcie

mars 25, 2009

Tout le monde connaît Wikipedia, cette encyclopédie collaborative, qui symbolise le nouvel internet, le web 2.0, où ce sont les usagers qui créent l’information, la contrôlent et la partagent, tout cela dans un esprit altruiste.

Les wikis reposent sur deux principes qui sont également chers à ceux qui tendent vers l’autarcie : la force de la communauté et le “do-it-yourself“.

Ceux qui veulent développer leur indépendance économique et tendent vers l’autarcie ont à leur disposition un wiki qui semble conçu spécialement pour eux : Ekopédia.

ekopedia

Dédié à l’écologie, Ekopedia est conçu comme un ensemble de portails thématiques consacrés à une approche alternative des grands enjeux de société, apprendre, s’alimenter, créer, penser, se déplacer, etc

La taxonomie du site rejoint à de nombreux endroits celle de vivre-en-autarcie.com puisque nous retrouvons nos quatre préoccupations principales :

Quelques exemples pour illustrer la largeur et la profondeur de cette base de données…

Pour les bâtisseurs, une fiche très détaillée sur les fameux puits canadiens, un dispositif qui permet de réguler température et humidité dans une maison en utilisant les principes de la géothermie.

Pour les jardiniers, un article bien complet et didactique à propos des cultures associées, cette manière de combiner dans la planche et dans la succession des cultures les différentes espèces pour qu’elles se protègent mutuellement et se renforcent entre elles.

Pour les médecins, un article sur les vaccins présentant enfin les nombreux risques et effets secondaires associés à la dérive vaccinale qui nous est imposée par le lobby techno-scientifique (Je pense même que l’on aurait pu aller un peu plus loin, notamment sur les mesures à prendre lorsque l’on a pas pu éviter une vaccination ; pour ma part, j’ai pratiqué le pansement à l’argile, à appliquer immédiatement après l’administration à l’endroit du vaccin, l’argile aspire littéralement le produit dans la peau).

Il reste malgré tout quelques vides à combler : peu de choses sur l’élevage (mis à part l’apiculture), un article sur la permaculture assez vide, rien sur le chlorure de magnesium, ni sur les vertus médicales de l’extrait de pépin de pamplemousse.

Ekopédia est un projet ouvert à tous, de longue haleine ; vous-aussi, vous pouvez contribuer.

Lilas dans sa cabane, en autarcie

mars 15, 2009

Lilasdesprés est membre du réseau vivre-en-autarcie. Il a construit une cabane dans les bois où il vit la plus grande partie de l’année.

cabane_lilas

Il tient son blog ici pour raconter son aventure. Il a aussi accepté aimablement de répondre à nos questions :

Comment t’es venue l’idée de construire une cabane ?

L’idée de la construction de la cabane m’est venue le jour où j’ai été licencié de mon travail pour cause de maladie (invalidité). La société me laissait tomber après que je lui ai donné 36 ans de loyaux services. Je décidais donc de me passer de ses services.

Sur quel endroit as-tu fixé ton dévolu ? Quel type de construction as-tu choisi ?

J’ai un terrain boisé d’un peu plus d’un hectare en friche qui me viens de ma mère, je me suis mis à le nettoyer car au début je ne pouvais rentrer sur le terrain tellement il y avait des buissons noirs, d’aubépines,  genévriers,  ronces, et j’en passe. Cela a duré un an.

Dans mon enfance je faisais beaucoup de cabanes et finalement sans m’en rendre compte, j’ai construit la cabane de mes rêves d’enfant. Un petit chalet avec sa terrasse couverte où le soir une lampe à pétrole se balance au grès d’une brise chaude ou sur mon siège à bascule
J’écoute les bruits de la nuit.

Comment s’est passée la construction ? As-tu eu recours à de l’aide extérieure, des professionnels ? Durée du chantier ? Quelles difficultés ?

La cabane fait 20 m² de surface. Je l’ai construit seul, j’y tenais beaucoup, en quatre mois, de février à fin mai. J’avais tout préparé sur un croquis, que je n’ai pas toujours suivi car, avançant dans les travaux, pleins d’idées vous arrivent et moi je suis souvent mon instinct .

Le plus dur a été le toit ; sous la grêle, mes oreilles s’en souviennent encore.
Toute la construction s’est très bien passée ;  ma cabane est isolée du parquet aux plafond et avec ma cheminée, je chauffe sans problème.

Pas de professionnels,  ni d’aide extérieure : je l’ai conçue  et réalisée de mes deux mains et croyez-moi, quand les gens vous félicitent, on est fier et on en veut un peu moins à la société. Mais je reste vigilant.

As-tu rencontré des problèmes de type réglementaire ou l’opposition des riverains ?

Le terrain n’est pas constructible, on m’a refusé ma déclaration de travaux bien que je sois en très bons termes avec le maire du village.

Donc j’ai fait preuve d’incivisme et j’ai construit sans permis, il faut savoir se mouiller un peu dans la vie , je ne gène personne , je suis au fond d’un bois , la première maison qui est un moulin à eau est à 600 mètres, de plus mon voisin est devenu un ami .

J’ai quand même fait empierrer le chemin d’une centaine de mètres et payé par la commune :  “je vote au village” . Maintenant j’ai la prescription triennale et ne puis être condamné au pénal, pour construction illicite.

Aujourd’hui, de quel confort disposes-tu dans ta cabane ? Combien de temps y passes-tu dans l’année ?

Pour mon confort je ne manque de rien : j’ai un puits que j’ai découvert sous les ronces qui  me pourvoit en eau toute l’année, même la sécheresse de 2003 ne m’a pas fait manquer d’eau.

Je me suis construit une cuisine avec des éléments les moins cher du marché dans un brico-dépôt. J’ai un évier de grès blanc, une table à gaz “quatre feux”, une table et six chaises de pailles, une commode pour le linge offerte et un lit fait de restes de planche du chalet très confortable ; le matelas est un cadeau que l’on ma fait.

Pour la toilette je me lave à la pierre évier avec un gant et de temps en temps une douche à l’arrosoir avec de l’eau chaude.

Comment se passe une journée quand tu es à ta cabane ?

Je suis à la cabane six a sept mois par an, hiver comme été. J’ai un chauffage au gaz en plus de la cheminée pour les grand froids.

Pour la nourriture elle vient des fermes aux alentours, pour l’essentiel viande, œufs, légumes, vin. J’achète l’eau pour boire car je n’ai pas encore fait analyser l’eau du puits, grosse erreur de ma part : ” l’eau coûte très cher “, je vais m’en occuper ….

Quand je suis à la cabane, je me lève quand le soleil se lève sans y penser, je vis au rythme de la nature de toute façon le coq du voisin chante vers quatre heures et demi l’été et six heures et demi , l’hiver.

Je prend le temps de déjeuner avec soupe de légumes, jambon et œufs de la ferme , toilette et balade avec mon bâton dans les chemins et les champs.
La journée, je range, construit des mur de pierres sèches, coupe du bois pour la cheminée, fais des fagots de petit bois, coupe de l’herbe, entretiens le bois où de vieux arbres se décomposent tranquillement sur les tapis de mousse.
Nettoyer le trou d’eau où les biches et sangliers viennent boire la nuit .
Et bien sur le plus important à mes yeux, assis sur mon vieux fauteuil à bascule… la contemplation et l’écoute de tout ce qui m’entoure…  Là je me sens vraiment vivre.

Pour vivre heureux vivons cachés !

Quel est le principal conseil que tu donnerais à quelqu’un qui veut construire une cabane pour y vivre ?

Je ne peux donner de conseils pour construire sa cabane. La construction d’un cabanon c’est très personnel ce fût pour moi un prolongement de ma vie d’enfant, une joie de faire que je pensais avoir oubliée (revenir à l’essentiel, aux choses simples qui nous entourent, et des amis pour partager…..).

rendez-lui visite dans sa cabane sur son blog.

Comme Lilas des prés, venez témoigner sur vivre-en-autarcie de votre vie en cabane.

Sites, blogs et forum pour vivre en autarcie

mars 9, 2009

Petite revue des sites internet et autres blogs qui traitent déjà de l’autarcie comme mode de vie alternatif ou des phénomènes associés (exode urbain. développement durable, etc)

En vrac et sans commentaires

S’installer et vivre à la campagne, excellent blog d’HK, un néo-rural qui a franchi le pas et témoigne depuis plusieurs années.

Décroissance.info, un blog d’informations à propos de la décroissance.

Le très joli Autarcies, site de l’indépendance durable, avec de nombreux conseils en matière de jardinage.

Des sites plus spécialisés comme ici à propos de l’éducation à la maison ou là à propos des expériences d’habitat alternatif dans des cabanes.

Sans oublier les forums survivalistes, comme Olduvai par exemple, qui se présente comme un site consacré à l’anticipation des risques majeurs (déplétion des énergies fossiles, changement climatique, épuisement des ressources minérales et naturelles, pollutions, pandémies, conflits, crise économique, etc.)

A ce sujet, je me sens dans l’obligation de reproduire l’avertissement des animateurs de ce forum :

Ce forum est un forum survivaliste réservé aux seuls avertis (avérés ou novices), clairement orientés dans une optique de survie/autonomie [...] Nous ne revendiquons du survivalisme que son principe de base (faisant consensus) et rien d’autre : « anticiper les risques » et « nous préparer à survivre (et à vivre) dans un monde en passe de nous devenir hostile » (suite à la survenue de potentielles catastrophes telles que : ouragans, tremblements de terre, crises énergétiques et économiques, réchauffement climatique, épuisement des ressources naturelles et minérales, pandémies, etc.) Malgré tous ses défauts, ses injustices et sa fragilité, NOUS NE SOUHAITONS PAS LA FIN DU MONDE tel que nous le connaissons, NI NE NOUS REJOUISSONS DE LA SURVENUE D’EVENTUELLES CRISES ; toutefois nous craignons que cela se produise et nous tâchons simplement de l’anticiper au mieux. Les propos et thèses exprimés sur ce site n’engagent que leurs auteurs

Enfin je ne serai pas complet si j’oubliais le site installation-campagne.fr, une initiative du Collectif Campagne Ville, en quelque sorte, le site officiel de l’exode urbain.

Statuts juridiques pour l’autarcie

mars 8, 2009

Pour les gens rationnels, l’autarcie n’est qu’un idéal-type, au sens wéberien, un objectif à viser mais que l’on atteint jamais.

Une activité économique accessoire

Toute organisation sociale suppose un minimum d’échanges économiques, ne serait-ce que pour recycler les surplus et se procurer certains biens difficiles à produire (sel, ficelle, clous, objets usuels, etc).

Par ailleurs, les expériences autarciques menées sur le terrain doivent malgré tout s’insérer dans leur contexte socio-économique. A défaut de le faire, on constate des phénomènes de rejet, la confrontation avec la société peut devenir conflictuelle.

Si vous achetez un grand terrain au beau milieu d’un village pour y mettre votre cabane, vous risquez de déchanter rapidement. Les initiatives autarciques qu’elles concernent l’habitat, l’automédication ou l’éducation des enfants, se heurtent souvent à une réglementation tatillonne et à l’étroitesse d’esprit des personnes. Il est souvent nécessaire d’avancer masqué (au moins au début) pour installer son projet autarcique.

C’est tout particulièrement dans le domaine de la construction de l’habitat que le statut juridique de l’occupant est déterminant. De nombreuses personnes expérimentent l’autarcie sur des terrains non-constructibles. Elles construisent leur habitant (cabane, yourte, roulotte) en dehors du cadre réglementaire et supportent de ce fait de fortes contraintes. C’est souvent la cause de l’abandon de séduisantes initiatives.

Un statut juridique pour vivre tranquille

Pour toutes ces raisons, la recherche concrète d’autarcie passe souvent par la conduite d’une activité économique accessoire, visant à échanger les surplus, qu’il s’agisse de partager son temps disponible (travailler chez/pour les autres) ou les excédents de sa production (échange de récoltes). Cette activité permet d’obtenir la rémunération monétaire nécessaire pour acquérir un minimum de biens sur le marché ; elle peut constituer la “couverture” du projet autarcique et lui permettre de prospérer à l’abri des conflits stériles.

Pour se consacrer entièrement à leur projet autarcique, certaines personnes préféreront être en règle avec la législation. Pour cela, il leur faudra utiliser un “faux-nez“. D’un strict point de vue juridique, on peut faire l’inventaire des différents statuts possibles pour ces activités économiques annexes qui contribuent à l’indépendance du projet autarcique. J’en vois cinq principaux (mais j’en oublie certainement) :

  1. Pas de statut particulier, l’activité reste occulte.
    Cela doit être préféré lorsque les échanges économiques se bornent au menu commerce de fruits et légumes, entre particuliers et en dehors de tout marché.
  2. Auto-entrepreneur (commerce, services à la personne, divers)
    Si l’activité annexe rapporte plus que quelques milliers d’euros annuels, il existe un statut juridique souple et peu contraignant depuis le 1er janvier 2009 (tous les renseignements ici). Véritable paradis fiscal et social, le statut d’auto-entrepreneur est recommandé lorsque la revente des excédents se fait à titre habituel (marchés, boutiques) ou que l’activité consiste en des services rendus (jardinage, petit bricolage, cours et formation, garde d’enfants, prestations aux entreprises). Dans ce cas, les services rendus peuvent également profiter du régime des services à la personne (loi Borloo). Les services liés à l’hébergement et aux activités touristiques envisagées au 4 peuvent également être déclarées sous un statut d’auto-entrepreneur.
  3. Exploitant agricole ou forestier
    Selon les activités déployées dans votre domaine, vous pouvez être conduit à prendre un statut d’exploitant agricole ou d’exploitant forestier. Le premier de ces statuts est plutôt contraignant mais exploitants forestiers et apiculteurs peuvent (sauf erreur de ma part) profiter du régime de l’auto-entrepreneur
  4. Activités liées au tourisme
    Sur votre domaine, vous souhaitez accueillir une ou plusieurs habitations légères de loisirs (à commencer par cette cabane dont vous rêvez depuis des années). Réfléchissez donc aux statuts liés au tourisme : camping et aires résidentielles de loisirs sont plutôt réglementés. Mais il existe d’autres pistes à fouiller, par exemple l’accueil des camping-cars. La fédération Française de camping-car met à disposition un petit guide fort bien à propos de l’aménagement des aires  de service pour camping-car).
  5. Manifestation culturelle, commerciale ou sportive
    Il faut également se souvenir que sont dispensées de toute autorisations les constructions temporaires pour une manifestation culturelle, commerciale ou sportive, dans la limite d’un an, en ce qui concerne les constructions ou installations temporaires directement liées à cette manifestation. Cela peut constituer un pis-aller, pourquoi ne pas organiser un festival culturel chaque été sur votre terrain ?
    Si l’on veut explorer cette piste, on peut par exemple envisager de louer le domaine à une association régie par la loi de 1901 dont l’objet sera d’organiser une manifestation particulière. C’est cette association qui servira alors de couverture au projet autarcique, situation qui présente de nombreux avantages pour toutes les parties prenantes.